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Le sport d’après et quelle EPS d’après ?

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Sportifs, sportives, nous avons entendu votre appel sur « le sport d’après ». La société française semble ne pas percevoir l’importance du sport, de la place du jeu et de la créativité technique des activités sportives dans nos vies. Nous avons besoin de relancer un mouvement de démocratisation de l’accès aux pratiques sportives et de mettre en place dès que possible des états généraux du sport pour réaliser un plan d’urgence du développement du sport en France.

Celui-ci devrait comprendre un soutien à la vie associative sportive, un plan de construction d’installations sportives et la construction d’un service public qui soit un réel développement du sport de haut niveau et du sport pour tous et toutes. 

Les enseignant·es d’EPS, dont nous sommes, ne peuvent être que sensibles à votre cri pour la défense, la promotion et la démocratisation du sport. Les heures d’éducation physique et sportive (EPS) dans l’école sont souvent méprisées et notre profession n’a cessé de dénoncer la trop faible place que l’école leur réserve en termes d’horaires et d’examens. Le « jour d’après » peut-il être une prise de conscience de cette situation et redonner de la place aux sports ?

Le « jour d’après » peut-il être une prise de conscience de cette situation et redonner de la place aux sports ?

Vous avez raison lorsque vous dites : « Ce nouveau modèle suppose aussi de revoir complètement la place du sport à l’école pour que la pratique d’une activité physique et sportive soit au cœur de l’éducation de nos enfants et ce, dès leur plus jeune âge. »

La campagne actuelle tend à réduire le sport à « bouger 30mn par jour ». Quel jeune va avoir envie de bouger 30mn par jour, si cette activité physique n’est pas guidée par un projet ? Vous, sportifs et sportives, savez bien que votre entrainement est toujours au service d’un dépassement de soi et des performances visées.

Le sport est aussi la rencontre humaine, de l’apprentissage de techniques et ne peut se transformer et se réduire dans une préparation physique et un renforcement musculaire. Les enfants et les jeunes ont un besoin humain fondamental de trouver au sein de l’école du temps pour apprendre à jouer ensemble, se dépasser, danser, apprendre à nager, à faire du vélo, à s’orienter, autant d’apprentissages techniques aussi fondamentaux que ceux de maths ou de sciences pour construire le monde de demain.

Quel jeune va avoir envie de bouger 30mn par jour, si cette activité physique n’est pas guidée par un projet ?

Nous souhaitons comme vous que le jour d’après soit le moment opportun pour créer une réelle synergie des énergies, pour que dans le cadre de l’école, le temps obligatoire d’EPS enseignée par des enseignant·es soit développé, renforcé et reconnu aux examens, que le sport scolaire soit soutenu et facilité (avec par exemple une licence gratuite pour tous et toutes). Les enseignant·es, les éducateurs et éducatrices doivent recevoir une formation de qualité pour pouvoir assumer la responsabilité de l’éducation sportive des enfants et des jeunes dans l’école et pendant leurs loisirs 

Les enseignant·es d’EPS sont prêt·es à relever le défi et à discuter pour créer une synergie qui œuvre à « permettre au sport de jouer pleinement et de manière responsable son rôle d’acteur majeur et d’accélérateur de cette transition sociétale ».