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EPS dans le primaire, pour une rentrée plus ambitieuse !

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Alors qu’un rapport de parlementaires  confirme que le 2S2C renforce les inégalités, M. Blanquer se contente du « Bouger 30 minutes par jour » . Le SNEP et le SNUipp ont d’autres ambitions  et des revendications pour assurer une EPS de qualité  à l’école primaire. Ce texte est extrait du dossier de presse du SNEP-FSU du 4 septembre 2020.

Dans sa conférence de presse de rentrée, M.Blanquer a affirmé accorder de l’importance à l’EPS et au sport à l’école, notamment pour la santé des jeunes et leur épanouissement . Il se félicite du nouveau périmètre de son ministère, intégrant  la ministre déléguée chargée des sports, qui va permettre selon lui de coordonner les différents temps de l’enfant.

Cela pourrait effectivement être le cas si M. Blanquer en avait vraiment l’ambition. En effet, les recommandations de l’OMS (organisation mondiale de la santé) sont de 1 heure d’activité physique par jour, ce qui représente 7 heures par semaines. Cela suppose donc de s’assurer que les 3 h d’EPS à l’école sont possibles et effectives, et que l’enfant ou l’adolescent puisse également pratiquer en dehors de l’école dans un club ou avec sa famille, à hauteur de 4 heures par semaine. A aucun moment, M.Blanquer ne se donne cet objectif.

Que propose M. Blanquer de nouveau ?  Rien ! En tout cas, rien qui va permettre un véritable pas en avant pour l’EPS et le sport scolaire.  Pas d’ambition sur les horaires ( « Bouger 30 mn par jour pour lutter contre la sédentarité » = 2h par semaine au total, c’est à dire 1 heure de moins que l’horaire officiel des 3h !) ; pas d’ambition sur les contenus de l’EPS (savoir nager et savoir rouler, c’est important, mais savoir jouer collectif, savoir danser, savoir s’orienter, savoir courir longtemps, savoir piloter son corps dans un milieu inhabituel… sont  des savoirs tout aussi fondamentaux ! Rien sur les équipements, rien sur la formation des enseignant-es (on en sait toujours pas de quelle manière l’épreuve EPS au concours PE sera maintenue, et on sait que la priorité est donnée en formation continue aux français et aux maths), rien sur le développement de l’USEP dans le primaire, rien sur l’accompagnement des enseignant-es sur le terrain par les conseillers pédagogiques.

Par contre, une confusion savamment entretenue sur ce qui relève de l’école et du hors-école. Poursuivre l’expérimentation Cours le matin, sport l’après midi , pourtant peu convaincante. Favoriser les partenariats écoles et clubs autour des JO avec « Génération 2024 », faire du sport un outil d’inclusion sociale dans les Cités éducatives. Le plan « aisance aquatique » et le savoir-rouler qui relèvent aujourd’hui de l’école relèveraient désormais de partenariats. Pour la natation, 700 « instructeurs » pourraient intervenir seuls sans l’enseignant-e – « grâce au 2S2C » comme l’a suggéré M. Maracineanu en juillet. Malgré toutes les critiques, et notamment celle de renforcer les inégalités (voir le rapport des parlementaires LERM de la « mission flash  sur le 2S2C publié en juillet 2020), le 2S2C « donnera lieu à une réflexion élargie » dans le cadre de nouveaux partenariats avec les collectivités.

Une confusion savamment entretenue sur ce qui relève de l’école et du hors-école

Que demandons nous pour l’école primaire ?

Tout d’abord de réaffirmer que l’EPS est bien un enseignement avec des programmes et des objectifs scolaires et que son horaire officiel est de 3h par semaine, encadré par des enseignant-es.

Donner les moyens pour que tous puissent s’engager pour « plus et mieux d’EPS à l’école » (pendant les horaires scolaires) en mettant en avant ce qui se fait de positif.  Quelques exemples :

– Savoir nager : pourquoi autant de disparités entre départements (de 25 à 80% de réussite au test) ?

– Rencontres USEP : l’animation de l’USEP est bénévole…Pourquoi pas un forfait horaires comme l’UNSS ?

– Danse : pourquoi est-elle bien développée dans certains départements et inexistante dans d’autres ?

– Certaines écoles réussissent à assurer l’horaire officiel, pourquoi pas toutes ?

– Dans certaines écoles, un.e professeur d’école  est personne-ressource en EPS : pourquoi ne pas proposer des stages de formation continue aux personnes souhaitant jouer ce rôle dans leur école ? 

– Le cycle 3 autorise les interventions des professeurs d’EPS dans le primaire, pourquoi ne pas donner les moyens horaires et humains que des collaborations soient effectives ?

Le SNEP-FSU, syndicat de l’éducation physique, se préoccupe d’EPS de la maternelle à l’université via les formateurs des professeurs des écoles (Conseillers Pédagogiques Départementaux et formateurs d’INSPE). Il porte des revendications communes avec le SNUipp-FSU, premier syndicat du primaire :

La formation initiale : la place de l’EPS doit être confortée dans la formation initiale et non pas dégradée comme le projet le prévoit. Une épreuve obligatoire au CRPE doit être conservée et les horaires renforcés.

La formation continue : elle est un levier déterminant. Des conseillers pédagogiques compétents ne demandent qu’à être sollicités. Encore faudrait-il que M.Blanquer  ne la supprime pas ! 

– La nécessité d’équipements pour l’EPS au quotidien, avec un guide pour l’école primaire comme il en existe un pour le second degré.

Des équipes départementales EPS confortées : avec la nécessité d’un conseiller pédagogique de circonscription (CPC) spécialisé en EPS par circonscription et des CPD en nombre suffisant (l’enquête SNEP-SNUipp montre une énorme disparité entre les départements).

Un soutien à l’USEP : avec notamment des moyens humains et une décharge horaire pour les professeurs d’école animateurs de l’USEP.

Concernant les dispositifs qui engagent des partenaires

– Les partenariats : La Cour des comptes (2019) a rappelé que les partenariats ne permettent pas d’augmenter l’horaire d’EPS. De plus, toutes les mesures basées sur des partenariats (hormis pour la natation et les activités à encadrement renforcé) tendent à fragiliser le rôle de l’Ecole, sans pour autant développer les pratiques sportives en dehors de l’école . C’est pourquoi nous insistons pour développer d’une part l’EPS à l’école et d’autres part, le secteur des loisirs en dehors de l’école, sans confusion possible. Le sport scolaire restant une bonne interface entre les deux.  Le dispositif « Génération 2024 » doit permettre d’impulser des projets, dans le respect des rôles de chacun et sous la maîtrise des enseignant.es… et avec de réelles aides du ministère… pas seulement des Volontaires du Services civiques et des partenariats avec le privé (privé qui souhaite entrer dans l’Ecole publique et prendre de plus en plus d’importance).