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Vitaminer l’école primaire à l’EPS, c’est possible !

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Une enquête réalisée à l’initiative conjointe du SNEP-FSU et du SNUipp FSU auprès d’écoles dans lesquelles les PE enseignent l’EPS elles-mêmes ou eux-mêmes à hauteur des programmes, met en évidence les dynamiques à l’oeuvre pour un enseignement effectif de l’EPS : proximité des équipements, conscience des enjeux, travail en équipe et organisations de rencontres ou d’évènements sportifs et artistiques.

Contrairement aux approches comptables des enquêtes institutionnelles sur l’EPS, cette enquête sur les « écoles vitaminées » cherchait à comprendre pourquoi certaines écoles réussissent à assurer l’horaire d’EPS quand d’autres peinent à le faire.

En voici les principaux résultats.

Un temps scolaire très contraint

Les « écoles vitaminées » réussissent à assurer l’horaire officiel de 3h, mais pas toujours de manière hebdomadaire.

avec une réelle volonté politique (équipements, formation, accompagnement, USEP), l’enseignement de l’EPS en primaire pourrait être dynamisé

En effet, les programmes du primaire sont conçus sur la base des 24h d’école, dont il faut déduire – pour toutes les disciplines – les temps de récréation et les temps proto-didactiques et de transition. En réalité, l’horaire possible alloué à l’EPS est de l’ordre de 2h15 et non de 3h par semaine.

Ces écoles réussissent tout de même à assurer 2 séances par semaine en élémentaire et quotidienne en maternelle, ceci, malgré la pression permanente sur le lire-écrire-compter.

Pour assurer l’horaire officiel, les écoles vitaminées réunissent plusieurs conditions :

• Elles ont des équipements au sein de l’école ou très proches, ce qui leur permet de ne pas perdre de temps en déplacement. Tout déplacement réduit le nombre de séances d’EPS.

• Elles organisent des rencontres ou des évènements sportifs ou artistiques (stages, sorties, spectacles, journée olympique, …), ce qui leur permet d’atteindre l’horaire EPS de manière annualisée (officiellement 108h/année). Tout ceci se fait de manière bénévole, dans la majorité des cas avec l’USEP, qui est un véritable soutien pour l’EPS.

• Elles considèrent l’EPS comme une discipline fondamentale, pour le développement de l’élève et l’équilibre des rythmes scolaires,, et aussi pour réduire les inégalités en matière d’accès à la culture. Pour les professeur·es de ces écoles, l’EPS est également indispensable au bon fonctionnement de la vie de la classe (travail de groupe, construction de règles…) et à l’intégration d’autres apprentissages (langage, maths, Education morale et civique…) lors desquels la démarche vécue en EPS  (essais/erreurs, effort, répétition) est souvent convoquée. Cette approche est une spécificité de l’école primaire. Elle donne sens au travail quotidien des enseignant·es et les motive à prendre le temps de faire leur EPS. Les PE estiment cependant qu’enseigner l’EPS demande de l’énergie physique et militante parce que l’institution ne les soutient pas, notamment depuis qu’elle supprime les CPC EPS (conseillers pédagogiques de circonscription).

• Le travail en équipe est une réalité dans ces écoles. Plus de la moitié font le choix d’avoir une personne-ressource EPS pour dynamiser la discipline dans l’école, ou pratiquent la co-intervention entre enseignant·es. Notre enquête révèle cependant une sous-utilisation des ex étudiant·es STAPS qui pourraient jouer un rôle majeur pour dynamiser les écoles.

• Les écoles vitaminées de notre enquête bénéficient toutes du soutien actif d’une collectivité territoriale, mais elles font peu appel à des interventions extérieures. Elles choisissent et maitrisent leurs partenariats qui ne donnent pas lieu à une substitution. Ceci interroge fortement les pratiques habituelles des collectivités.

Cette enquête met donc à jour une image de l’EPS, moins simpliste et moins caricaturale que celle qu’on nous donne à voir habituellement. Sans nier les problèmes, elle contribue à une sorte d’observatoire des pratiques qui met en évidence certains leviers peu développés jusqu’à présent, sans occulter les contraintes spécifiques du primaire.

Nos syndicats entendent populariser cette enquête. L’enjeu est de montrer qu’avec une réelle volonté politique (équipements, formation, accompagnement, USEP), l’enseignement de l’EPS en primaire pourrait être dynamisé : « La preuve, dans les écoles vitaminées à l’EPS, ça marche ! ».