Par Coralie BÉNECH
Un nouveau dispositif pour masquer les besoins de l’éducation prioritaire.
Mais où vont-ils chercher leurs idées ? Nous ne contredirons pas le ministère sur un point, il y a des établissements scolaires qui concentrent les difficultés et il est inacceptable de ne pas proposer de solutions pour les élèves. Le ministère a-t-il pensé à généraliser des classes à effectifs réduits dans ces établissements, à augmenter le nombre d’enseignant·es, à pourvoir ces établissements d’équipes pluriprofessionnelles renforcées, à leur dégager du temps de concertation, à élargir la carte de l’éducation prioritaire ? Non, mais il a pensé qu’établir des contrats locaux et mettre des inspecteur·rices dans les classes favoriserait les apprentissages et la réussite… que mettre sous tutelle ces enseignant.es qui, ne font pas bien leur travail, serait la solution.
Les propositions faites par le ministère regorgent d’une vision libérale de l’école où les enseignant·es seraient des applicateur·rices. Chaque contrat s’établit sur une auto-évaluation préalable des enseignant·es, les rendant de facto responsables du manque de réussite des élèves. La culpabilisation fait partie de l’outil managérial. Ils et elles seront accompagné·es de formateur·rices, d’inspecteur·rices qui seront à résidence dans l’établissement scolaire, ce qui ne risque pas d’installer un climat serein dans des équipes sous surveillance permanente.
Alors qu’après 2 ans de bagarre syndicale initiée par la FSU, les groupes de « besoins » en français et en maths ne sont plus obligatoires dans les collèges, ils perdureront pourtant dans ces 800 collèges étiquetés en grande difficulté scolaire, sous pilotage des conseils académiques des savoirs fondamentaux. Un bilan a pourtant été réalisé par l’inspection générale, ces groupes de niveau ne permettent pas de résorber la grande difficulté scolaire. Une des spécialités de notre ministère est de faire perdurer des dispositifs qui ne marchent pas !
Mais il faut arrêter de jouer avec les élèves, avec les personnels. Ces derniers n’ont pas besoin d’être plus en/re-cadrés. Ceux-ci ont surtout besoin de moyens, de temps et d’équipes pluridisciplinaires complètes, le SNEP-FSU continuera de revendiquer la baisse des effectifs, l’intégration du temps de concertation dans les ORS, une revalorisation et un accès à la formation continue choisie sur le temps de travail.



