L’annonce par le Ministre E. GEFFRAY du rétablissement des épreuves de terminale du baccalauréat professionnel à partir de la mi-juin 2027 constitue une première victoire pour les personnels et les organisations syndicales mobilisées depuis plusieurs années. Ce pas en arrière a permis de redonner du temps d’étude à tous et toutes les élèves.
Pour autant, cette annonce ne constitue pas un recul du projet politique porté ! Le ministère maintient le dispositif du « parcours personnalisé », anciennement « parcours différencié ». Il impose aux élèves deux semaines spécifiques en terminale : soit en entreprise pour préparer leur insertion professionnelle, soit au lycée pour préparer une poursuite d’études. Ces semaines devraient avoir lieu avant la fin mars. Présenté comme un travail des élèves sur leur orientation, le choix du parcours de préparation à la poursuite d’étude sera valorisé dans Parcoursup ! Comment donc faire le constat que les élèves ont du mal à construire leur projet d’avenir, tout en leur demandant de faire des choix plus précoces (avant le mois de mars) ? Qui plus est, s’il s’agit bien d’une période charnière d’élaboration de son propre projet d’avenir, pourquoi donner un caractère absolu en valorisant dans Parcoursup le choix du parcours poursuite d’études ? Le ministère n’est plus à une incohérence près et peine à masquer son réel projet : orienter et trier toujours plus précocement les élèves. La logique politique demeure in fine la même. Derrière un changement d’appellation, et une transformation des modalités c’est bien un projet d’inégalités sociales et scolaires qui attaque la mission historique du lycée professionnel : préparer à l’insertion professionnelle et permettre l’accès aux études supérieures.
Le SNEP-FSU appelle à l’abandon définitif du parcours personnalisé et à l’ouverture d’une véritable réflexion sur l’avenir d’un lycée professionnel fondé sur des enseignements scolaires solides, au service d’une élévation réelle du niveau de qualification pour l’ensemble de la jeunesse.




