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EPS en collège ou de qui se moque-t-on

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Un des enseignements que nous pouvons tirer de la crise sanitaire, c’est que l’arrêt de l’enseignement en EPS a provoqué l’arrêt de toute pratique physique d’un certain nombre d’élèves. De manière plus générale, la période de confinement a confirmé l’extrême nécessité de favoriser l’activité physique quotidienne des Français. Tous les indicateurs conduisent à un discours univoque, l’EPS doit reprendre.

Or, l’EPS n’est pas un objet destiné à être le support de la communication ministérielle pour « faire bien ». Il s’agit bel et bien d’une discipline scolaire. Et, lorsqu’un corpus de savoirs est organisé pour porter le nom d’une discipline scolaire, certains points sont inévitables.

Les savoirs enseignés en EPS ne sont pas la montée des escaliers ou encore la promenade dans le parc mais des savoirs issus de la culture des APSA. Nous défendons l’idée qu’entrer dans une culture sportive ou artistique, y trouver du sens et de la motivation, est la meilleure façon de permettre à un·e jeune de prolonger, stabiliser et pérenniser son engagement physique aux différents âges de la vie. Si l’institution n’envoie pas un signal sur l’importance et l’intérêt de notre discipline au sein même de l’Ecole, bâtie sur la transmission/acquisition des savoirs, elle signe la décision politique de recul assumé de la vie physique des futures générations.

Ainsi, l’ouverture immédiate de travaux pour la réécriture des programmes d’EPS en collège et la création d’une épreuve spécifique d’EPS au DNB sont la seule façon de sauver la politique menée par l’institution en matière de besoins culturels et sociaux de la Nation. La profession doit évidemment être associée à la réflexion.

Pour terminer, il est impossible de continuer à avoir un ministère de l’éducation regroupant aussi la jeunesse et les sports et avoir une politique sportive à l’école aussi catastrophique. Toute notre profession doit manifester le refus de cette absence de considération. Les parents d’élèves, également, doivent pouvoir peser car leurs enfants sont les premiers concernés par ces choix cruciaux pour leur développement.