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CCF BAC, les poupées russes ne s’emboîtent pas. Ça coince !!

CCF Bac
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Avec la déclinaison à marche forcée de la réforme du CCF, les collègues qui sont d’accord avec l’analyse du SNEP FSU sur la suppression des référentiels par APSA, nous renvoient leurs témoignages factuels. Partout, les enseignants réagissent et/ou agissent, ils résistent.
Le SNEP FSU demande toujours un retrait des textes régissant le BAC 2021 et, a minima, un moratoire pour 2021 !

Suite à notre action demandant à la profession de ne pas rendre les protocoles, un desserrement des contraintes temporelles avait été obtenu. Malgré tout, des IPR ont profité de la période de confinement pour mettre une nouvelle pression. Tous ne l’ont pas fait, comprenant que le moment n’était pas des plus adapté pour un travail collectif serein.

L’action collective proposée par le SNEP est partout débattue, de nombreuses équipes s’y inscrivent pleinement, d’autres résistent en rendant les protocoles mais sans se soucier de la conformité (fiche 2018, AFL2 et 3 non respectés, répartition des points non conforme, etc.) et en attendant les retours des commissions de validation. Certaines équipes ont remis les protocoles à contre cœur et en tentant de réintroduire de la motricité là où elles le peuvent. Peu d’équipes ont montré de l’enthousiasme. Avec ce travail concret sur les protocoles, le mécontentement de la profession gronde. Le SNEP s’en fera l’écho dans les luttes actuelles et à venir.

Ces premiers retours nous permettent de dresser un bilan partiel qui ne fait que confirmer nos craintes.

Cette logique fractale fractionne l’EPS en un Archipel

Tout le monde a pris conscience que l’évaluation locale ne permet pas une unité de l’EPS, qui perd ainsi toute ambition partagée pour toutes et tous les élèves sur l’ensemble du territoire national, base de toute discipline scolaire. Cet argument en soi suffit à contester ces protocoles, mais à l’étape actuelle, l’indigence des propositions officielles et leurs infaisabilités professionnelles dominent. Les collègues oscillent entre résignation et colère.

L’EPS est éclatée en autant d’évaluations que d’établissements. La mise en place de cette réforme se fait au forceps.

Ça coince.

Avec Les équipes

Que ce soit pendant la période de confinement ou maintenant, toutes les équipes ne sont pas logées à la même enseigne quant aux capacités de se réunir dans de bonnes conditions. Les propositions ne peuvent être totalement abouties car les arbitrages finaux collectifs nécessitent des échanges fins qui ne peuvent que difficilement se faire par visio. Le travail est complexe et les IPR demandent aux enseignants, de faire en quelques jours le travail que l’institution a mis plusieurs années à construire auparavant.

Dans les conditions difficiles actuelles, malgré la bonne volonté et le travail des équipes, la remontée des protocoles sera dans beaucoup d’endroits une initiative personnelle, ou au mieux la somme de travail individuel, contraire au texte officiel (BO n°36 du 3/10/19 « l’équipe d’EPS de l’établissement décline le référentiel national pour chaque activité́ proposée pour la certification et élabore des outils spécifiques pour réaliser la notation »). Pourtant, les collègues co-évalueront ensemble.

Dans de nombreuses équipes, ça coince !

Avec les Commissions de Validation

Ici c’est le règne de l’autonomie des académies et donc la disparité territoriale est grande. Cette étape qui soit-disant devait garantir l’homogénéité, l’atomise. En l’absence de cadre national de fonctionnement, tout y passe, opacité du choix des membres de cette commission, collègues de collège qui sont sollicités pour évaluer la production pour le lycée (Bordeaux), co-validation entre établissement (Montpellier)…

Le langage de la novlangue du New management est utilisé, on parle ici de mutualisation, d’accompagnement. On joue sur la proximité des collègues chargés de cette tâche délicate. Mais au final, les sanctions tombent avec la validation et oh surprise, dans certaines académies (Grenoble) on ne se contente pas du juste respect de la répartition des points. Les équipes se font retoquer leurs protocoles pour des raisons très diverses. La validation des épreuves certificatives à l’échelle académique installe des «baronnies locales». Dans ces commissions ad hoc, s’imposent des injonctions souvent contradictoires, notamment sur la confusion opérée dans le texte officiel entre CCF et contrôle continu pour les AFL2 et 3.

Sur l’académie de Rennes, on va au-delà du texte national en exigeant une situation d’évaluation « inédite ».

Le SNEP avait prévenu que la « liberté pédagogique » serait un mirage.

Au lieu d’arrondir les angles, ces commissions les amplifient et ça coince !

Avec les élèves

Bien que validés donc conformes, les enseignants doutent de la faisabilité des protocoles qu’ils ont renvoyés. Déjà beaucoup nous disent qu’ils n’auront pas d’autres choix que de faire l’officieux et l’officiel, le « pour de Vrai » et le « pour de Faux ». Beaucoup de collègues nous citent l’exemple de l’usine à gaz du choix des élèves dans les AFL2 et 3 ainsi que l’artificialité de leurs contenus et la subjectivité de leurs évaluations.

Ils n’auront pas d’autres choix que de faire l’officieux et l’officiel, le « pour de Vrai » et le « pour de Faux »

Par défaut, une sorte de schizophrénie collective malsaine risque de s’instaurer.

Nécessité fera loi car le moule imposé oblige les enseignants à faire rentrer un carré dans un rond, et ça coince !

Une référence ce n’est pas une déférence.

Sortons par le haut de cette impasse pour l’EPS, en revenant à un référentiel national par APSA, ceux de 2018 peuvent servir de base. Mais il faut profiter aussi des propositions collectives des collègues issues de leur expérience professionnelle. Des propositions alternatives nous sont déjà parvenues, éloignées du cadre proposé. Avec cette base venant de la profession, un référentiel national par APSA pourrait être proposé, testé puis validé régulièrement. Cela pourrait devenir un protocole dynamique, démocratique et salutaire pour l’EPS.

Dans cette logique, le SNEP continue à travailler à des programmes alternatifs, et se propose de collecter toutes vos propositions d’évaluations « alternatives ».

Il faut continuer à fabriquer du commun et refuser qu’advienne une « EPS en miettes ». Le SNEP est aujourd’hui la seule organisation à proposer cette visée pour l’EPS.

Continuons l’action sous toutes ces formes et dans la durée.

Au lieu des poupées gigognes et de leur ordre descendant, soyons avec le SNEP du début à la fin, tous acteurs, et construisons l’EPS ensemble