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Une épreuve physique en EPS au DNB pour un mode de vie sportif et actif

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Article rédigé par Alexandre Majewski

La crise sanitaire liée à l’épidémie de Covid-19 a mis en exergue le besoin humain de pratique sportive et artistique dans nos sociétés. Chez les enfants et les adolescents, des études menées par la communauté médicale (Professeur de cardiologie François Carré, ONAPS…) nous alertent sur la baisse de leurs capacités cardio-vasculaires (-25 % en 50 ans). Cette baisse s’est accentuée depuis le printemps dernier, en particulier chez les jeunes des milieux populaires. Il est donc urgent que tous les jeunes s’installent dans un mode de vie plus sportif et plus actif. Pour le SNEP-FSU, atteindre cet objectif ambitieux et indispensable pour l’avenir de la société, invite à interroger conjointement les programmes qui définissent les contenus à transmettre/acquérir et les évaluations de l’EPS aux examens en vigueur.

Une EPS marginalisée et fragilisée au sein du système éducatif 

La réforme du collège 2016 pilotée par N. Vallaud-Belkhacem a modifié en profondeur le DNB avec une part d’évaluation en contrôle continu des domaines du « socle commun de connaissances, de compétences et de culture » et d’autre part, une évaluation finale de certaines disciplines dont est exclue l’EPS. Notre discipline est alors assignée au renseignement du controversé livret de compétences (LSUN), synonyme pour nombre de collègues « d’usine à cases » absurde, déconnectée du terrain. Notre discipline perd peu à peu sa dimension constitutive (culture des APSA) pour être réduite à une simple activité contributive au bien-être des élèves, à leur santé et au climat propice aux apprentissages fondamentaux (lire, écrire, compter, respecter autrui..). Par ces choix, les gouvernements successifs font éclater l’identité de l’EPS. Chaque équipe conçoit sa propre EPS sans références nationales de savoirs sportifs et artistiques exigeants à maîtriser à l’issue d’une scolarité obligatoire.

Répondre à cette nécessaire reconnaissance passe notamment et conjointement par l’identification de savoirs exigeants à acquérir/transmettre sur tout le territoire et par la création d’une épreuve physique d’EPS au DNB.

Une épreuve au DNB

Pour le SNEP-FSU, soucieux de réduire les inégalités sociales, de développer les capacités physiques de tous les jeunes et de former des citoyens « sportifs » critiques, il est urgent de reconnaître l’importance de l’EPS à l’école. Les enseignants, quant à eux, partagent cette urgence et ne s’abandonnent pas au simple et réducteur renseignement des domaines du socle. Ils continuent à transmettre des pouvoirs d’agir à leurs élèves dans les APSA qu’ils enseignent. Répondre à cette nécessaire reconnaissance passe notamment et conjointement par l’identification de savoirs exigeants à acquérir/transmettre sur tout le territoire et par la création d’une épreuve physique d’EPS au DNB.

Trois raisons guident nos demandes :

  • Nous considérons, contrairement à l’institution, que plus les savoirs sont complexes et exigeants, plus ils nécessitent le besoin de l’autre pour apprendre, qu’ils exigent d’observer, de réfléchir à sa pratique et de s’approprier des méthodes. Autrement dit, la dimension éducative de l’EPS sera d’autant plus importante que les contenus à s’approprier seront exigeants !
  • Nous pensons qu’une discipline qui n’évalue plus ou peu les acquisitions culturelles risque de perdre sa légitimité aux yeux des élèves et de leurs parents.
  • Nous défendons l’idée qu’entrer dans une culture sportive ou artistique, y trouver du sens et de la motivation, est la meilleure façon de permettre à un-e jeune de prolonger, stabiliser et pérenniser son engagement physique aux différents âges de la vie.

Ensemble, revendiquons et agissons :

Le SNEP-FSU demande en urgence et conjointement, la réécriture de programmes EPS en collège qui mettent au cœur les savoirs spécifiques de la discipline et la création d’une épreuve physique d’EPS au DNB. Seul, il n’y arrivera pas ! Il invite donc la profession à interpeller les parents d’élèves et les autres acteurs de la communauté éducative (projet de lettre sur le site et de motion pour les CA), à expérimenter les programmes alternatifs du SNEP. Les jours heureux de l’EPS n’adviendront que par la résistance pédagogique et humaine.