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Par Benoit Hubert

Le Ministre de l’Éducation nationale avait annoncé vouloir soigner « l’homme malade du système » que représente pour lui le collège. Nous aurions pu nourrir quelques espoirs mais connaissant les orientations gouvernementales, c’était sans illusion aucune que nous attendions son projet. Si nous connaissions déjà, dans le cadre de la réforme de la voie professionnelle, les fameuses demi-journées Avenir en 5ème visant à faire découvrir différents métiers – ce qui ne sera pas sans poser problème dans l’organisation et générera des inégalités territoriales – nous ne savions rien de la vaste ambition du ministre pour le collège… Cette ambition s’est finalement concrétisée dans une mesurette : 1h de mathématiques et de français assurées par des professeur·es des écoles pour les élèves en difficulté… Quel mépris !

A la question de la mise en place à moyen constant, une « solution » toute simple a été trouvée : il suffit de supprimer l’enseignement de la technologie en 6ème ! Quelle inconséquence ! Comment, dans un monde de plus en plus technologique ne pas aborder cette culture au sein du système éducatif et ce dès la sixième ? C’est un nonsens de plus dans un pilotage qui n’a rien d’éducatif mais qui répond à des lubies de l’Elysée et de Brigitte Macron, conseillère occulte… L’EPS dont un des axes majeurs est l’enseignement technologique des APSA et ses enseignant-es ne peuvent être insensibles à cette question qui pourraient à terme nous impacter…

Toute réforme du collège pose, pour le SNEP-FSU, la question des horaires. Le bon rythme, c’est 4 h d’EPS de la 6ème à la terminale

Le Ministre a par ailleurs lancé des concertations pour faire évoluer le cycle 4. Pédagogie, programmes, évaluations, parcours… seraient à l’ordre du jour de discussions. Il nous faudra y être extrêmement vigilants compte tenu des orientations du gouvernement et du ministère mais ce sera, pour nous, l’occasion de reposer l’ensemble des questions programmatiques et certificatives en EPS.

Quant à l’annonce de généraliser les 2 heures de sport dans le cadre de la réforme collège cela parait ubuesque tant le dispositif a du mal à se mettre en place, y compris dans un dévoiement total du dispositif : élèves de section sportive, créneaux pris sur les forfaits UNSS sur les équipements des cours d’EPS. Une généralisation à partir de quel bilan ?

Toute réforme du collège pose, pour le SNEP-FSU, la question des horaires. Le bon rythme, c’est 4 h d’EPS de la 6ème à la terminale.

Demi-journée Avenir, libération de créneaux pour le soutien en mathématiques et en français… vont nécessiter des aménagements d’emploi du temps qui ne seront pas sans conséquence sur nos conditions de travail. Le SNEP-FSU a contesté ces orientations et s’est joint aux associations de spécialistes et syndicats qui contestent fortement la suppression de l’enseignement de la technologie en 6ème.