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4h d’EPS en 6ème, à quoi ça sert ?

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Le SNEP-FSU porte la revendication des 4h d’EPS sur toute la scolarité. Or, cet horaire est en vigueur en classe de 6 ème depuis la rentrée 1995. Nous évoquons ici quelques éléments, non exhaustifs, que cette mesure a permis, directement ou indirectement. Il est dans notre ligne syndicale de justifier scolairement, socialement et donc politiquement nos exigences et propositions.

Le suivi historique des éléments de langage et des concepts utilisés par le ministère de l’EN à des époques différentes donne à voir des choses (parfois) surprenantes. Ainsi, en 1994, avec François Bayrou comme ministre de l’EN, fut décidé de porter les horaires obligatoires de l’EPS en classe de 6ème à 4 h hebdomadaires, au nom des… « apprentissages fondamentaux » ! Quasiment trente ans plus tard, cette notion est réservée au « savoir lire, écrire, compter et respecter autrui ». Qu’a-t-on fait pour que nos élèves méritent un tel rétrécissement du « fondamental » scolaire ? Rappelons que cette décision fut prise dans un contexte d’activité syndicale forte en terme revendicatifs, mais aussi des éléments externes, comme l’atteste le sondage réalisé par la SOFRES la même année. D’ailleurs, dès le mois de juillet 1995, le SNEP-FSU publie un texte 1 par lequel la question des 4 h en 5ème est posée.

Quelles conséquences en EPS ?

L’arrivée de la 4ème heure a arrondi beaucoup de choses. La forme des apprentissages propres à l’EPS, organisés autour des APSA, nécessite des mises en place des séquences suffisamment longues pour que des transformations s’installent. La répétition sportive et artistique (physique) requiert une certaine fréquence. Les deux séquences hebdomadaires disponibles depuis en 6ème sont un premier pas en avant de ce point de vue.

Habituer les jeunes à plus de régularité et à la répétition des cours d’EPS dans la même semaine conduit certainement à l’entrée des plus jeunes dans un habitus de pratiquant·e et l’installation de cette norme d’entrainement au plus vite dans leur histoire scolaire.

Oui, l’EPS renforcée dans ses horaires en 6ème donne un appui incontestable y compris au développement du sport scolaire

La « double » séquence d’EPS dans la semaine a permis à beaucoup d’endroits, deux nouvelles choses. Les cycles dans certaines APSA sont programmés deux fois dans l’année. Il s’agit d’un choix porté par les équipes de renforcer et approfondir les apprentissages dès la 6ème . Souvent, il s’agit d’une ou plusieurs APSA proposées à l’association sportive (AS).

De l’autre côté, malgré ce « doublage » de cycles, plus d’APSA sont abordées dès la première année de collège. Cela permet aux élèves d’appréhender dès la 6 ème la quasi-totalité de l’étendue de la programmation.

Et du côté du sport scolaire ?

Le vécu des équipes pédagogiques nous renseigne sur les fréquentations et leurs disparitions progressives (pour un certain nombre) au sein des AS en collège. Nous savons avec assez de certitude, que l’accent mis dès le début de la 6ème sur l’inscription à l’AS, permet de fidéliser le maximum d’élèves pour une bonne durée de leur scolarité en collège. Evidemment, il y a du mouvement tout au long des quatre années, mais de nouveaux/nouvelles adhérent·es à partir de la 5ème, il y en a moins. Par ailleurs, lorsque nous regardons de plus près l’évolution du nombre d’adhérent·es à l’UNSS 2, nous pouvons observer que les adhérent·es benjamin·es représentent 39 % de l’effectif total de l’UNSS. En catégorie minime cela tombe à 29 %. De plus, l’UNSS perd 10 000 licences « filles » par rapport aux licences « garçons » entre les deux catégories d’âge. Oui, l’EPS renforcée dans ses horaires en 6ème donne un appui incontestable y compris au développement du sport scolaire. Il va de soi qu’il ne s’agit pas du seul critère pesant sur les pratiques mais il est un de ceux qui sont indispensables.

Et, que dire de la rupture créée entre le collège et le lycée ? Encore une fois, de multiples facteurs pèsent sur la vie d’un·e lycéen·ne, mais il est à noter que les horaires de l’EPS en LGT sont divisés par deux par rapport à ceux de la 6ème et presque autant en LP.

Alors oui, porter les horaires disciplinaires à 4h à tous les niveaux de la scolarité est nécessaire.

Notes :
  1. SNEP-FSU, n°488, 3 juillet 1995 : Mettre en place les 4 H en 6ème , revendiquer les 4H en 5ème[]
  2. La source ici est le récapitulatif des licencié·es en 2016. Les chiffres et les rapports entre eux n’ont pas beaucoup évolué jusqu’à la crise sanitaire[]