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La gabegie des CCF ça suffit ! La montagne accouche d’une souris

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A l’annonce du B.O. n°17 du 28 avril 2022 portant sur des modifications du CCF en EPS, les collègues rencontré·es poussaient un « ouf » de soulagement, n’en pouvant plus de l’hérésie professionnelle qu’ils et elles vivent depuis la réforme de l’évaluation de l’EPS au BAC. Hélas, cet espoir fut de courte durée et à la lecture, nombre de collègues nous disent « Tout ça pour ça », « c’est pas possible d’être autant hors sol ».

En effet, rien n’est modifié en profondeur, ce nouveau texte est juste « cosmétique », avec un petit toilettage à la marge, là où tout le monde attendait un changement total. La déception est donc grande, car cette nouvelle publication n’est pas à la hauteur des enjeux de l’EPS et ne répond en rien à la situation engendrée par le dernier cadre certificatif. Les enseignant·es ont pourtant alerté avec des actions menées par le SNEP-FSU. Revoir entièrement la copie aurait été un geste salutaire. Le texte sur le CCF aux Bac et Bac pro a créé un malaise professionnel.

Il n’est pas sain de maintenir ce dilemme professionnel insoluble, entre souci de répondre aux injonctions des textes officiels et conscience de devoir appliquer des textes contraires à l’intérêt de l’EPS et des élèves. A grande échelle, chacun·e n’a d’autre alternative que de tenter de résoudre à sa manière cette tension, en s’accordant une liberté consistant principalement à masquer ce qui se fait concrètement, notamment dans la répartition des points et l’évaluation de tous les AFL.

Le BAC 2022, une confirmation grandeur nature des critiques émises

Depuis la parution des premiers textes, l’application de ceux-ci a été rendue complexe par la situation sanitaire, mais nous avons suffisamment de retours nous permettant de confirmer les analyses émises par les enseignant·es d’EPS. Nous pouvons les classer en 2 grandes catégories : ceux autour d’un « pragmatisme hors sol » et ceux autour d’une « idéologie de l’EPS contestable », les 2 étant intimement liées.

Un casse-tête organisationnel confirmé

Au-delà des graves problèmes d’interprétation et de définition des observables, la multiplication des critères crée une véritable usine à gaz démultipliée par la liberté de choix possibles pour les élèves.

Comme réponse, le dernier texte propose de réduire à « un seul rôle évalué parmi 2 rôles possibles proposés » ; c’est une bonne idée, mais largement insuffisante.

Le Contrôle continu au sein du CCF, source de confusions et de dérive

Le dernier BO confirme pour tous les champs que « L’AFL2 et l’AFL3 s’évaluent au fil de la séquence d’enseignement et éventuellement le jour de l’épreuve, en référence aux repères nationaux ». L’évaluation en contrôle continu des AFL 2 et 3 (8 points) dans une épreuve pourtant affichée en CCF avec coévolution le jour de l’épreuve, crée un trouble pour les élèves et un glissement de l’EPS vers le contrôle continu permanent.

Une répartition des points choquante

La profession est indignée par la minoration des points sur la motricité au coeur de notre enseignement.

Non seulement ces savoirs ne sont pas définis nationalement par APSA, mais avec un AFL 1 sur 12 points, ils ne composent plus que 60 % de la note ! La spécificité culturelle de la discipline, au travers de la technique motrice et de la performance sportive et artistique s’en trouve réduite.

Avec les AFL 2 et 3 sur 8 points, la subjectivité liée à l’évaluation de ces éléments, la multitude des observables, le danger d’une valorisation du conformisme sont autant d’obstacles à une certification sérieuse. Constat est fait que ces procédures favorisent les élèves qui maîtrisent le mieux les codes scolaires.

Le SNEP FSU et les enseignant·es d’EPS ne sont pas opposé·es à la prise en compte des savoirs relatifs à différents rôles, encore faut-il que ces savoirs soient clairement identifiés et enseignés pour être évalués et à condition de ne pas minorer ce qui relève de la spécificité de l’EPS.

Disharmonisation

Les commissions d’harmonisation académiques se sont tenues dans une relative apathie, dans une ambiance conflictuelle, révélatrice du marasme ambiant. En effet, aucune harmonisation n’était possible, le référentiel par APSA national n’existant plus, chaque équipe spécifiant son épreuve d’évaluation ! Pour autant, nous avons pu assister à des injonctions d’harmonisation par champ d’apprentissage…

La discipline se prive ainsi de toute mesure de ses effets. Les épreuves nationales constituaient « l’étalon commun » de la mesure des acquisitions en EPS. Avec ce « thermomètre » partagé on pouvait établir des bilans, diagnostiquer les écarts (écarts filles –garçons, écarts entre APSA, différences entre filières, etc.).

Les référentiels certificatifs par APSA, que ce soit au DNB ou au bac, constituent une part de notre « référence » scolaire et participent à l’identité de notre discipline. Il est urgent de les redéfinir !

Les référentiels certificatifs par APSA, que ce soit au DNB ou au bac, constituent une part de notre « référence » scolaire et participent à l’identité de notre discipline. Il est urgent de les redéfinir ! Le SNEP-FSU a toujours défendu des exigences nationales communes pour les programmes et la certification, comme norme explicite sur l’ensemble du territoire. Il faut faire cesser cette gabegie et l’éclatement professionnel dans lesquels on nous a forcés à nous engager. La profession doit être écoutée.